
Deux appels à communication (date butoir : 12 décembre 2019) pour des Sessions Thématiques du Congrès de l’AFSP qui se tiendra à Bordeaux du 2 au 4 juillet 2019. Format des propositions : 1 page, bibliographie comprise.
- “Les détournements du genre comme outil de légitimation pour les formations populistes d’extrême-droite” (propositions à envoyer à : Francesca.Scrinzi@glasgow.ac.uk & christele.lagier@univ-avignon.fr
- “Les extrêmes droites européennes: organisations, mobilisations, militant.e.s” (propositions à envoyer à : estelle.delaine1@gmail.com et safia.dahani@gmail.com avant le 12 décembre 2018).
1er appel à communications : “Les détournements du genre comme outil de légitimation pour les formations populistes d’extrême-droite”
Présentation en PDF :
2e appel à communications : “Les extrêmes droites européennes: organisations, mobilisations, militant.e.s”
Il se passe rarement un jour sans que les médias rappellent l’avènement des partis populistes et d’extrême-droite européens. Les universitaires parlent parfois de “vagues” (Von Beyme, 1988) : nous serions dans la 4ème vague, anti-européenne et islamophobe, qui ne se réclamerait plus de l’antisémitisme (Mudde, 2016). Toutefois, les partis d’extrême droite européennes, rassemblées sous la même appellation, n’en restent pas moins diverses, et peu appréhendées par l’ethnographie (Blee, 2007). L’objectif ici est de compléter les recherches sur les extrêmes droites européennes par des études des organisations et procédures internes (Lefebvre et Roger, 2009), des mobilisations partisanes, des profils des militants (Klandermaans et Mayer, 2006) voire d’électeurs. Nous voulons questionner ces organisations regroupées dans les mêmes catégorisations à l’échelle européenne, moins pour renouveler le débat sur la dénomination que pour comparer les pratiques, les répertoires d’actions collective (Fillieule, 2010) et électoraux (Desrumaux et Lefebvre 2017), les identités et cultures partisanes permettant de déconstruire l’apparente homogénéité des extrêmes droites européennes.
Organisations partisanes et pratiques politiques
Cet axe revient sur les structures des partis européens d’extrême droite : les modalités d’organisation interne ou les sous-cultures d’organisation en concurrence. Les communications peuvent s’intéresser à l’impact de l’européanisation sur les formations politiques (Reungoat, 2014; Dakowska, 2010) ou aux emprunts transnationaux de partis d’extrême droite par d’autres formations politiques. En effet, le FN se serait inspiré de l’idée de parti de masse respectable des néo-fascistes italiens (Copsey, 2014), puis aurait servi de modèle dans la création et la structuration des Republikaners allemands (Ignazi, 2003), du FPÖ, du parti national grec (Ellinas, 2013) et du LAOS (Ellinas, 2012). Cependant, comme le soulignent Cécile Leconte (2017) et Cas Mudde (2016), le phénomène mimétique à partir du cas français reste hypothétique et trop peu documenté.
Les communications peuvent revenir sur des éléments bien renseignés dans d’autres formations politiques : les encadrements des activités militantes, les réseaux locaux et territoriaux, l’externalisation ou non des processus de production de l’offre idéologique (Andolfatto et Goujon 2016), l’existence de procédures délibératives internes ou l’importance du “leadership” longtemps mis en avant dans l’analyse des partis d’extrême droite (Eatwell, 2003).
Cadres et militants
En fonction des régions et de l’échelon des responsabilités, les propriétés sociales et politiques des militants et responsables diffèrent. En Italie les leghisti (Lega Nord) sont souvent issus de milieux populaires ruraux (Avanza, 2007; Dematteo, 2007), quand en France les militants d’Action
française sont souvent de jeunes bourgeois (Cucchetti, 2015) et les dirigeants du FN issus des classes supérieures (Birenbaum, 1992). Certains milieux socio- professionnels ou mouvements sociaux ont un rôle important dans la constitution de partis (Luck et Dechezelles, 2011; Combes, 2011) ce que nous souhaitons interroger dans les partis d’extrême-droite européens (par exemple, l’AFD allemande est surnommé le “parti des professeurs” en raison de l’identité de ses créateurs). En ce sens, les communications pourront porter sur des carrières de militants ou de cadres contextualisées, à l’instar de ce qui a été initié sur les militants en Belgique, en France, en Allemagne, en Italie et aux Pays Bas (Klandermans, Linden et Mayer, 2005). Elles pourront aussi s’intéresser aux rapports entre différents sociaux au sein du parti, en soulignant les différences de race de genre ou de classe sociale (Gottraux et Péchu, 2011). Les analyses genrées des extrêmes- droites européennes sont également les bienvenues (Bertolini et Soncini, 1992; Bacchetta et Power, 2002; Blee, 2002).
Présentation en anglais
The often sensationalized rise of “populist” and far-rights in Europe is constantly mentioned in the medias. Scholars identified different waves in the history of Western Europe (Von Beyme, 1988) : as we reached the fourth wave with the rise of Eurosceptic, islamophobic and protectionist parties without any anti-Semitic references anymore (Mudde, 2016). However, a whole host of far right organizations typologies has developed. Yet their partisan structures, the organisation mobilizations and activism have been neglected. Those parties have been less studied than other parties, and very few have been the subject of ethnographic researches (Blee, 2007). Therefore this thematic section try to bridge some gaps in the knowledge of far right movements starting from qualitative researches. It will be organised into two major lines : one focusing on organizational structures of the movements, the other one returning to the social background and political careers of activists and leaders.
The objective of this panel is to gather qualitative researches on European far right parties in order to understand what brings them together and what divides them in terms of organizational structures, activist’s social backgrounds or political identities and strategies .
Organizational structures of the parties and political practices
This first part intends to collects researches dealing with the organizational structures of European far right parties : the candidate could present an actual organization or its evolution. Its aim is to document internal organizations or partisan subcultures in competition within the organizations. Several recents phenomenons can be seen as a perspective : for instance, the impact of European integration on far right parties (Reungoat, 2014; Dakowska, 2010), or the use of transnational networks. Indeed some observed that the French FN was influenced by the italian neo-fascists to create their more “respectable” mass party (Copsey, 2013), and that the organizations of FN and FPÖ were taken as a model by the German Republikaners (Ignazi, 2003), Greek national parti (Ellinas, 2003) and Greek LAOS (Ellinas, 2012). Yet Cas Mudde (2016) and Cécile Leconte (2017) highlighted that more evidences should be provided to confirme such mimicry and circulations.
The candidate could also focus on the supervision of activists by leaders, on local networks and partisan territorial coverages in different national contexts, on the possible externalisation of the production of ideological goods (to intellectuals, think tanks or communication experts (Andolfatto, Goujon, 2016), on deliberative process routines (Lefebvre, Roger, 2009), on the central figure of the leader when it comes to far right parties (Eatwell 2003) or on political trainings and demonstrations during electoral campaigns (Desrumaux et Lefebvre 2017).
Leaders and activists
Social backgrounds and political careers of leaders and activists may change according to regions, levels of responsibility within the organization and motive for active participation . For instance, Italian Leghisti are from rural working-class families (Avanza, 2007, Dematteo, 2007), when French activists from Action française are young bourgeois (Cuccheti, 2015) and leaders of the FN are usually from the upper class (Birenbaum, 1992). Some professions or social movements are highly represented in European parties (Luck, Dechezelles, 2011 ; Combes, 2011) and could be pointed out
in European far right parties (German AFD is called « the teachers party »). Following those findings, the candidate could present local partisan prosopographies, or activists and leaders contextualized careers as Bert Klandermans and Nonna Mayer ordered us to do so (2006). Candidates could also bring intersectional analysis of social relations between leaders or activists, or gender studies (Bertolini 1992; Bacchetta, Power 2002; Blee, 2002).
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Jeanne Pawella (19 novembre 2018). Cfp * Droite radicale * juillet 2019 * Bordeaux. Radicalisations. Consulté le 18 août 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/t5hu